Sexisme à la maison

 

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Si les hommes devaient travailler à la sueur de leur front pour nourrir leur famille, on oublie souvent de préciser, qui s'occupait de cette famille pendant ce temps.

Les filles travaillaient plus que les garçons, et ce travail n'était que ménager. Elles ont toutes les responsabilités domestiques : ce sont elles qui devaient s'occuper du jardin, des animaux, de faire les courses, la lessive, de préparer les repas, de s'occuper des enfants, des malades, des personnes âgées, d'entretenir la maison...

Même en 1990, la lecture est un passe-temps réservé aux garçons, les filles, elles, n'ont pas le temps :

Si les garçons sont autorisés à aller à l'école, là aussi, les filles doivent rester dans leur foyer et s'en occuper. Longtemps (et encore aujourd'hui dans certaines parties du monde), l'instruction d'une fille était considérée comme une dépense inutile.

Au XVIème siècle, l'éducation des filles n'est que religieuse et très peu de femmes en sont sorties. On se borne à leur apprendre les travaux domestiques et le catéchisme pour qu'elles puissent, ensuite, élever leurs enfants chrétiennement. Cela montre que l'Eglise a encore une place très importante et que le rôle de la femme est encore uniquement perçu comme celui d'une mère et d'une épouse.

En 1523, Jean Louis Vivès écrit De l'institution de la femme chrétienne où il reconnait la nécessité d'éduquer les filles, mais, que leur apprendre ? Pour lui, la "pudicité" est la première vertu, il faudrait aussi qu'elles aient une certaine culture pour former la future épouse / future mère. Celle-ci doit pouvoir : se rendre agréable à son mari par ses charmes et sa conversation; l'aider dans le gouvernement des affaires domestiques et savoir élever chrétiennement ses enfants. Vivès préconise donc un enseignement de lecture et d'écriture, sans négliser les travaux domestiques. C'est pour cela qu'il recommande la séparation des filles et des garçons. Il y a deux possibilités de lieu pour éduquer ces dernières :

  • Les couvents sont, principalement, des lieux d'éducation pour les nobles.
  • Les écoles élémentaires au XVIIème siècle : ce sont des écoles mixtes qui sont très courantes dans le nord de la France. Elles concernent des filles de la noblesse pauvre et de la petite bourgeoisie des campagnes, mais elles ont été condamnées par l'Église comme par le courant humaniste du fait de leur mixité, et leur nombre ne fait que diminuer.
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    En 1687, Fénelon publie son Traité de l'éducation des filles dans lequel il s'oppose à l'éducation féminine du XVIIéme siècle, disant qu'il ne suffit pas pour la femme de savoir gouvernementer son ménage et d'obéir à son mari sans réfléchir, que l'éducation des filles est aussi importante que celle des garçons. 

    Cependant, les inscriptions des filles à l'école ont augmenté plus rapidement que celles des garçons quand en 1882 Jules Ferry rend l'instruction obligatoire pour les enfants de 7 à 12 ans, garçons et filles.

    Si Jules Ferry modifie l'école publique avec les Lois scolaires de 1881-1882 et qu'elle devient obligatoire, beaucoup n'en tiennent pas compte. Tel qu'à Paris en 1920, on estime que le tiers des ouvrières n'étaient pas scolarisées.

    Légende:

    • *Loi Duruy : Elle réorganise le programme de l'enseignement scolaire primaire féminin qui devient national.
    • **Loi Goblet : La mixité est acceptée dans les écoles communales de moins de 500 habitants, pour des raisons économiques.
    • ***Décret de Léon Bénard : Rend les programmes scolaires secondaires identiques pour les filles et les garçons et les filles ne sont plus obligées d'être des canditates libres pour le baccalauréat.

    C'est Elisa Lemonier qui crée en 1862 les premières écoles professionelles pour jeunes filles. La première à passer un baccalauréat est Julie-Victoire Daubié grâce à l'aide d'un influent capitaine d'industrie Saint-Simonien et deux ans après, Emma Chenu obtient son diplôme. Cependant, ce sont des pionnières qui restent très isolées.

    Dans les pays riches, quand il est question de diplômes, les femmes sont aussi nombreuses que les hommes dans les universités, et même plus nombreuses.

    Exemple de 1994:

     

     

    Pendant cette période, le pourcentages des femmes enseignantes dans les universités était de 25 à 29% en France et en Grèce. De 30 à 34% en Espagne, en Roumanie, en Turquie et aux Etats Unis et de 35 à 39% en Pologne.

     

    L'évolution des hommes dans les tâches ménagères est très lente.

    Début d'un progrès depuis les années 80:

    A la fin des années 80 aux Etats Unis, les hommes mariés n'effectuaient que 6% des tâches ménagères de plus que dans les années 60:

     

    L'Allemagne de 1990, excluait que les femmes travaillent à plein temps, à moins d'accepter d'être considérées comme des RabenMutter (marâtres), en abandonnant à la maison leurs enfants, eux même baptisés des Schlüsselkinder, c'est à dire, les enfants à clé.

    D'aprés plusieurs études et les Eglises Allemandes, un magazine de ces années, intitulé Brigitte, avait publié que 53% des hommes et 47% des femmes (à l'Ouest) estimaient qu'il "vaut mieux pour tout le monde que l'homme consacre pleinement son temps à son travail et que la femme reste à la maison pour s'occuper des enfants". Un tiers seulement des hommes estimait qu'un congé parental pour le nouveau-né était un "enrichissement".

    Données de 1994 :

    Aujourd'hui, en France, 80% des tâches domestiques sont encore effectuées par les femmes. Certes, il y a eu une petite augmentation de la participation des hommes qui a augmenté entre 1966 et 1986 mais elle s'est stabilisée et ne progresse plus depuis.

    Toutefois, une récente étude de l'INED, prouve que le partage des tâches a largement progressé et que cette progression n'a pas été prise en compte. Ainsi, 30% des hommes s'occupent des tâches ménagères et les pères ayant la garde de leurs enfants aprés une séparation (15% en général) s'occupent de tout.

    De plus, les mentalités ont changé et le sexisme ne fait plus partie de l'éducation.

     

     

    Avec le temps, de plus en plus de femmes ont un emploi, mais personne ne prend leur place au foyer.

    Pour rentrer dans le monde du travail, les femmes font face à un véritable parcours du combattant.

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